Un nouveau président pour la Cofides

bernard mercatInterview de Bernard Mercat, qui succède à Luc Bontemps au poste de président du conseil d’administration de la Cofides Nord-Sud.

Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre la présidence de la Cofides ?

J’ai d’abord rejoint la Cofides pour renouer avec l’Afrique. Au début de ma carrière professionnelle j’ai effectué de nombreuses missions sur ce continent, et c’est à regret que mon parcours ne m’ait pas permis d’y retourner. Le soutien au développement d’entreprises me motive également. En tant que sociétaire et bénévole de la Cofides, j’ai d’ailleurs participé à l’analyse des dossiers de demandes en garantie et à des actions de formation en gestion financière. Même s’il reste modeste, ce travail m’a convaincu de l’intérêt de ce type d’action. Dès lors, pourquoi ne pas participer au pilotage de la coopérative, ce que j’ai fait dans un premier temps comme administrateur, jusqu’à ce que Luc Bontemps me propose de lui succéder au poste de président.

Dans quels domaines avez-vous exercé ?

Pendant les dix premières années de ma vie professionnelle j’ai été expatrié. D’abord au Niger puis au Mali, en tant que gestionnaire de terrain pour la direction et le montage de tanneries-mégisseries. Ensuite en Irlande, comme responsable administratif et financier détaché d’une entreprise de génie civile pour un chantier de travaux subaquatiques. En 1983, je suis revenu en France, où pendant 30 ans j’ai exercé une fonction de conseil dans le cadre des unions régionales de la Confédération générale des Scop, un organisme qui regroupe des entreprises à forme coopérative dans de nombreux secteurs d’activités – industrie, bâtiment, services, vie sociale et culturelle. Mes interventions se situaient surtout dans la gestion et l’audit financier. Cela m’a conduit à participer au comité d’engagement des sociétés financières du groupement et à animer des sessions de formation.

En quoi votre parcours professionnel peut-il profiter à la Cofides ?

Mon expérience d’expatrié en Afrique et ce que j’ai observé à travers les demandes de garantie auprès de la Cofides me confirment que les enjeux de l’entreprise africaine sont différents de ceux de l’entreprise française. Au nord, la préoccupation majeure de l’entrepreneur c’est le couple produit/marché, alors qu’au sud c’est l’environnement, en particulier la difficulté à assurer la gestion des approvisionnements et la maintenance sans générer des coûts difficilement assimilables par les prix de ventes de produits souvent concurrencés. Entreprendre c’est également se projeter dans le futur, ce qui n’est pas évident dans des pays où le défi majeur, c’est le quotidien. On peut ainsi s’investir dans des actions nord-sud rempli de bons sentiments … et passer à côté des vraies problématiques. Heureusement les partenariats que développent la Cofides sur le terrain la rapprochent de la réalité de l’entreprenariat africain et lui évite ce genre de bévue. Mon souhait c’est de coller au plus près de cette réalité, et ainsi donner un sens et une efficacité à l’engagement des sociétaires de notre coopérative.